"Les Fulgurés" Susanna Bissoli


Auteure: Susanna Bissoli
Titre : Les Fulgurés
Editions du Seuil
Paru le 9 janvier 2026
224 pages

 

Synopsis...

Lorsqu'on est frappé par la foudre, comment ne pas aborder la vie différemment ? Vera, une femme de quarante-sept ans éprise de liberté, regagne la maison familiale le temps de soigner son cancer. Autrice en panne d’inspiration, elle découvre avec stupéfaction que son père, Zeno, ancien commerçant, bourru et veuf, a écrit un roman fleuve en cachette. Bientôt ce dernier lui demande de mettre en forme son texte. La voici donc emportée non seulement dans l’incroyable univers du septuagénaire, mais aussi dans une nouvelle relation empreinte de complicité. Leur quotidien est souvent interrompu par les visites de Nora, la cadette, et de sa petite Alice, une enfant pétillante et drôle. Sans oublier les deux lapins, un blanc et un noir, qui animent le jardin. Entre séjours à l’hôpital, promenades à la montagne, souvenirs, disputes et fous rires, ces fulgurés, touchés mais épargnés par la foudre, affrontent les coups du sort en tirant de leur amour une force salvatrice.


Mon avis...

J'écris ici à chaud, une manière pour moi de faire le point, car je ressors de ma lecture sans vraiment savoir si oui ou non j'ai pleinement aimé cette lecture, que j'ai passée aux côtés de protagonistes que j'ai pourtant trouvés très attachants. 

Il lui manque un je ne sais quoi. Comme si certains passages avaient été effacés pour faire un bond dans le temps et du coup, l'impression qu'il nous manque des bouts de l'histoire. 

Une lecture dont la fin me laisse également sur ma faim car pour moi, l'histoire de l'un se termine oui, mais celle de l'autre, on ne sait pas comment elle va se conclure et c'est frustrant.

Il y a d'un côté une fluidité très agréable dans la manière dont l'auteure raconte l'histoire et de l'autre, j'ai parfois eu un peu de mal avec la façon de traduire le dialecte du père dans les dialogues.  

Une histoire qui nous parle d'amour dans une famille qui est frappée par le sort. Une mère décédée d'un cancer, la fille qui rechute de la même maladie et qui va nous faire vivre certains passages de son traitement dans son état physique mais aussi mental, et puis le père, lui qui souffre depuis déjà quelques années ne pourra plus nier son état. 

On sent l'amour qu'ils se portent, cette volonté de faire pour l'autre tout en ayant ce besoin de fuite pour vivre autre chose. Véra dans son envie d'ailleurs mais aussi, avec son père, ils ont en commun le besoin de vivre autre chose à travers l'écriture d'un roman. On voit naître une douce complicité.

Entre les lignes, on découvre un humour qui touche parfois à l'ironie. De ce dernier, se créent de jolis moments de complicité qui dédramatisent les maux. 

Après avoir écrit ces mots, je me dis que finalement oui, j'ai aimé ma lecture et c'est cela qui conduit à ce sentiment de manque parce que, oui, j'aurais aimé que l'auteure aille plus loin, qu'on ne finisse pas sur une frustration après une telle histoire. 

"Le refuge des affligés" Céline Servat


Auteure: Céline Servat
Titre: Le refuge des affligés 
Editions Taurnada
264 pages
Paru le 12 février 2026

Synopsis...

Alors que Gabrielle, gendarme à la brigade de recherches de Muret, enquête sur le meurtre atypique d’un SDF, Marco et son amie Manue participent à une retraite spirituelle.
Mais rien ne se passe comme prévu dans ce coin perdu des Pyrénées, et le besoin de se ressourcer est compromis par le meurtre de l’un des occupants des lieux…


Mon avis...

Suite de "La vallée des égarés" qui peut se lire de manière totalement indépendante.

Un premier roman avec lequel j'avais passé un excellent moment. Pour celui-ci par contre, le moment de lecture fut agréable, mais je reste sur ma faim. 

J'ai adoré retrouver les personnages auxquels je me suis attaché et j'ai été prise par l'envie de connaitre son dénouement. J'ai adoré aussi être surprise par des révélations inattendues.

Mais voilà, j'aurais aimé que l'auteure aille plus loin. J'ai trouvé dommage que le don de Marco soit si peu mis en avant alors que c'est une particularité que j'avais adorée dans le premier. J'ai aussi trouvé que le lien entre les différentes enquêtes tombait un peu trop à point. 

L'intrigue au cœur même du centre est bien construite et intéressante. J'ai adoré l'idée de la secte et les terribles dérives dont les conséquences portent encore aujourd'hui. J'ai beaucoup aimé aussi découvrir les différents ateliers suivis et y ai trouvé des soins que je serais curieuse de tester. 

Le rythme manque pour moi de piment. Assez plat au départ, il faudra attendre la fin pour vraiment ressentir du palpitant et un sentiment d'urgence. 

Ce nouveau roman est donc pour moi en dessous du premier (que je vous recommande encore volontiers).


"Mauvaises mères" Kelsey Cox


Auteure: Kelsey Cox
Titre: Mauvaises mères
Editions Black Lab
Paru le 11 février 2026
302 pages

Synopsis...

Sophie Matthews fête son seizième anniversaire dans la grande demeure rénovée de son père, qui n’a pas lésiné sur les moyens pour faire de cette soirée l’événement de l’année. Mais alors que Sophie s’apprête à souffler ses bougies, une personne tombe du balcon et s’écrase sur la piste de danse en contrebas. De qui s’agit-il  ? Et surtout, qui, parmi les invités, est un meurtrier  ? La liste des suspects est longue…
Dani, la belle-mère de Sophie, en proie à une dépression post-partum depuis la naissance de sa fille.
Orlaith, la nounou irlandaise, endeuillée, qui reporte son amour maternel sur la fille de Dani.
Kim, la mère de Sophie, pleine de rancœur envers Dani.
Et Mikayla, la meilleure amie de Sophie, adolescente à la recherche d’une figure maternelle.


Mon avis...

Dès les premières lignes, le ton est donné pour éveiller notre suspicion et nous plonger dans une ambiance où, même dans les bons moments, notre paranoïa reste tenace.

Le drame, on le connait, mais ce qu'on ne sait pas, c'est d'où vient la menace? Et aussi, qui en sera la victime?

D'une plume aussi fluide qu'addictive, l'auteure nous dévoile une histoire qu'il devient très vite impossible de lâcher.

Le décor est malaisant : une maison sur les hauteurs où un mur a été remplacé par une vitre pour lui donner cette impression de maison de poupée. Une habitation dont l'histoire même est inquiétante et où il se passe parfois des choses étranges.

Et puis il y a cette fête où rien ne semble finalement aller comme il devrait pour que tous passent un vrai bon moment. 

Chaque protagoniste principal devient suspect (victime ou tueur) et on se plait à analyser chaque comportement, à tenter de débusquer chaque faux-semblant ou les sombres vérités qui peuvent se cacher derrière un beau sourire, un soutien. 

J'ai aimé vivre l'intrigue à travers divers protagonistes. Ils nous dévoilent leur passé, leurs mauvaises actions ou leurs désirs. 

Le suspense est tenace parce que certaines choses sont dites pour nous titiller, mais il faut attendre la fin pour enfin savoir de quoi il en retourne.

Certaines relations peuvent être toxiques. Le mal-être peut engendrer de mauvaises dépendances. La perte et la révélation d'un secret peuvent conduire à vouloir aller à la rencontre du mal pour le mettre hors d'état de nuire. 

Une histoire qui nous montre l'attachement et le dévouement d'une mère à son enfant. Certaines psychoses qui peuvent naître après une naissance. 

J'ai aimé qu'il y ait une petite touche de surnaturel avec l'histoire de la maison mais aussi un protagoniste qui sera plein de surprises.

La psychologie est très bien travaillée, très intéressante. Tout est fait pour nous empêcher de fixer nos certitudes, mais aussi pour faire que les révélations soient véritablement surprenantes. 

Le final aura été à la hauteur de mes attentes car jusqu'au bout je l'avais imaginé autrement. 

J'ai également adoré le dernier chapitre et son petit côté feel good. 

Une excellente lecture. 

"Je marche à plusieurs" Ruddy-Williams Kabuiku


Auteur: Ruddy-Williams Kabuiku
Titre: Je marche à plusieurs
Editions Fleuve
Paru le 15 janvier 2026
240 pages

Synopsis...

Curtis, 19 ans, s'épuise les pouces devant Street Fighter depuis sa cellule. Voilà un an qu'il est incarcéré pour braquage. Mais sa chance est peut-être sur le point de tourner : à l'issue d'une audience, le juge lui propose une permission de sortie pour passer son bac. S'il l'obtient, sa liberté lui est acquise.
De retour au Pont de Bois, le quartier qui l'a vu grandir, Curtis n'a plus qu'une obsession : reprendre son destin en main. Son exam il l'aura, et à sa manière. Avec Makeda, sa meilleure amie et cerveau de l'opération, Adem le Don Juan, MDT un hacker de génie et Ange un vendu de première, il prépare son plus beau braquo, celui de son bac.
La veille de l'examen, tout semble sous contrôle. À moins que ses erreurs passées, Dieu, ou sa mère, ou les trois, ne viennent se mettre en travers de sa route...


Mon avis...

Ce qui impressionne dans ce roman, c'est le respect de l'amitié, d'une parole pour ceux qui comptent. Une entraide fraternelle. Les engagements pris seront comme des serments. La réussite tant attendue sera celle de tous. 

On peut dire que Curtis sait choisir ses atouts. Ceux qu'ils connaissaient et puis de nouvelles amitiés qui deviendront indéfectibles. 

Une fine équipe qui a plus d'un tour et d'une astuce dans son sac pour réussir le braquage du bac. Des trouvailles non sans humour qui m'ont bien fait rire. D'autres plus couillus qui m'ont donné quelques palpitations. 

Des erreurs de jeunesse ont été commises. Certaines dont il a déjà fait sa rédemption et d'autres dont les souvenirs vont se rappeler à lui et où il devra encore trouver les bons mots, les bons actes.

J'ai beaucoup aimé aussi la relation entre Curtis et sa maman. Cette femme au grand cœur qui sait se montrer sévère mais dont on sent l'amour immense qu'elle porte à son enfant. 

Cette histoire, c'est la société et la jeunesse d'aujourd'hui. De ceux qui trinquent. De ceux qui aident. De ceux bourrés d'atouts. On y voit aussi du racisme. On y découvre des manières de penser. On y voit surtout de l'espoir.

Oui, l'espoir que même ceux qui commettent des conneries peuvent retrouver le droit chemin, aller de l'avant et être de vraies belles personnes. Mais aussi, que l'entraide existe encore.

La fin m'a totalement prise par surprise. Et, que je l'ai trouvée injuste, elle a ce petit quelque chose de très beau. 

Un excellent moment de lecture. Une jolie surprise. 

"La nuit est encore longue" Philippe Blasband


Auteur: Philippe Blasband
Titre: La nuit est encore longue
Editions Les Impressions Nouvelles
336 pages
Paru le 6 février 2026

Synopsis...

La narratrice de ce roman, Soheila Pirouzfar, est maintenant dans le tout début de la soixantaine. Elle est célibataire, sans enfant. Elle travaille pour une multinationale et voyage dans le monde entier. Elle adore les listes.

Ce livre est fait de listes. Entre autres la liste de ses rencontres mémorables avec les Manoutcheri.

Les Manoutcheri, ce sont quatre sœurs et quatre frères iraniens, arrivés, comme Soheila, à Bruxelles un peu avant la révolution islamique de 1979, et qui, à leur grand étonnement, n’ont jamais pu retourner dans leur pays de naissance.

Ils ont vécu des vies très différentes de celles qu’ils avaient imaginées, des vies avec des joies, des naissances, des mariages, des éclats de rire, mais aussi des vies un peu médiocres, un peu tristes.

Peu à peu, la majeure partie d’entre eux sont morts prématurément.

Une toute petite tragédie, omise des livres d’Histoire et des médias, une tragédie à peine perceptible et qui a même échappé à ces gens qui en étaient eux-mêmes les victimes.



Mon avis...

Une manière de relater qui ne m'aura malheureusement pas convaincue. 

Il y a certains passages qui m'ont tenue mais, ce que je regrette surtout, c'est de ne pas m'être attachée aux différents protagonistes de la famille Manoutcheri.

Oui, ce roman, ce sont des listes, des tas de listes dont certaines m'ont paru totalement superflues.

Ca devait être l'histoire d'une famille, mais ça l'est sans l'être, car c'est surtout la vision de Soheila sur les moments de vie où elle les a côtoyés. Surtout, ce n'est pas juste ces moments-là, c'est aussi un tas d'autres choses sur sa vie privée ou sur d'autres protagonistes qui entourent la trame centrale et qui, pour moi, étaient superflus également. 

Oui, on parle des troubles que vivent les Iraniens mais ça reste assez sommaire. 

Je n'ai pas arrêté ma lecture parce que j'avais envie de savoir la suite mais, malheureusement, l'ensemble n'aura pas été à la hauteur de mes attentes. 

J'ai trouvé que ça partait trop dans tous les sens et je n'y ai pas trouvé ce que j'attendais.

Certains se laisseront sans doute séduire et trouveront ce qui m'a moi déplu orignal, mais pour ma part, c'est une déception. 

Un point positif par contre pour cette couverture que je trouve très belle. 

"La gardienne" Sonja Delzongle


Auteure: Sonja Delzongle
Titre: La gardienne
Editions Fleuve
Paru le 5 février 2026
432 pages

Synopsis...

Au cœur d'une sombre forêt du Morvan, tout près d'un lac aux eaux opaques, se dresse une maison en bois. C'est là que les Olsen s'installent, un jour de printemps. Le père, d'origine norvégienne, a imposé cet isolement à sa famille à la suite de la brutale agression subie à l'école par Rune, sa fille préférée qu'il a élevée comme un garçon.
Pour fuir ce monde hostile et violent, ils vivront désormais loin de tous, dans ces bois retirés. Leur Petite Norvège, comme il l'appelle, est une promesse d'autonomie et de sécurité. Mais certaines promesses sont des mensonges. Et, les filles Olsen vont bientôt le découvrir, la vie en vase clos peut aussi devenir le pire des pièges...


Mon avis...

Une nouvelle fois, j'ai été séduite et conquise par ce nouveau thriller de Sonja Delzongle.

Une intrigue en plusieurs parties dont la fin de chacune sera marquée par une révélation, par un twist qui va tout chambouler, tout changer. Une chose est sûre, l'auteure nous offre un récit palpitant et hautement addictif. Nombreuses seront les interrogations, les mystères. Toutes les réponses seront données, dont certaines pires que d'autres. 

On plonge dans la vie d'une famille assez malsaine. Il y a des faits que l'on suppose, d'autres que l'on vit et qui vont nous horrifier. Je n'ai pas envie de trop vous en dire pour ne pas vous spoiler mais, une chose est certaine, personne ne peut ressortir indemne d'un tel vécu, d'une toxicité qui endoctrine. 

On y vit le présent mais aussi le passé pour bien tout comprendre et revenir sur la vie des protagonistes principaux. Un passé douloureux qui conduit à des fêlures qui, elles-mêmes, changent à jamais leur victime. 

Certains personnages vous seront attachants tandis que, pour d'autres, vous ne ressentirez que haine et/ou dégoût. Il y a ceux qui seront toujours prêts à aider. D'autres dont la noirceur va se dévoiler peu à peu. Plus d'une fois vous serez surpris ou chamboulé. 

La psychologie a été très bien travaillée. Les faits sont peu à peu révélés pour qu'à la fin tout soit dit. Le pire comme le meilleur, mais surtout le pire. 

Une histoire dont chaque ligne nous emporte par sa noirceur, par notre besoin de savoir, par la peur de ce qui va arriver et de ce qui sera révélé. Les révélations seront nombreuses et les émotions seront fortes.

Une excellente lecture. 

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